Devenez un incompétent conscient : comprendre l'intelligence artificielle, la cybersécurité et la crise informatique.

Je ne laisse pas une IA choisir mes sources. Voilà ce qu'elle fait à la place.

Cinq mois de travail ont produit cinq bases de connaissance, 1 409 pages et 1 451 sources documentaires, soit environ 121 000 lignes de notes structurées. Elles ont commencé sur un ordinateur portable, une seule base, en mai 2026, avant de migrer sur la machine qui les héberge aujourd'hui. Ce n'est pas le volume qui a changé ma façon de travailler. C'est une décision prise au départ et jamais renversée, celle de choisir moi-même ce qui entre dans ces bases.

Un assistant produit du plausible, pas du vrai

Un modèle de langage répond toujours. Il répond juste, il répond approximatif, et il répond avec la même assurance dans les deux cas. Pour une conversation, c'est un défaut supportable. Pour un fond documentaire sur lequel on appuie un conseil ou une formation devant des professionnels, c'est disqualifiant.

La sortie d'une intelligence artificielle n'est pas fausse par nature. Elle est invérifiable tant que personne n'a regardé la source. Et un dispositif de connaissance qui cite des sources que personne n'a lues fabrique exactement le problème qu'il prétend résoudre, à savoir des affirmations qui circulent sans qu'on sache d'où elles viennent.

La partie que je garde pour moi

Le classement, la rédaction, la mise en forme, le contrôle, tout cela se délègue très bien. La sélection, non.

Ce qui entre dans mes bases, je l'ai lu. Je décide qu'une source est fiable, datée, produite par quelqu'un qui sait de quoi il parle, et qu'elle mérite d'exister à côté des autres. Ce jugement ne s'automatise pas, parce qu'il engage ma responsabilité, pas celle d'un outil.

Concrètement, une source qui arrive est lue avant d'être acceptée, et refusée si elle ne correspond pas aux critères écrits pour la base visée. Les critères sont fixés à froid, avant de voir les documents, parce que des critères décidés au moment de trancher ressemblent toujours à une justification.

Des garde-fous qui tournent sans moi

Une fois la source acceptée, la machine prend le relais, avec des règles que j'ai écrites et que je n'ai pas à réappliquer à la main.

Ce qui se passe la nuit

Trois bases sont alimentées chaque nuit, à une heure d'intervalle, par un traitement qui prend les sources en attente par paquets de cinq. Une passe de vérification tourne ensuite pour traiter ce qui n'a pas pu être fait, et le matin, tout ce qui est entré est daté, tracé et réversible. Rien n'entre sans laisser de trace, et rien ne disparaît sans être conservé.

Ce fonctionnement a un coût que j'assume, celui de passer du temps sur la sélection quand l'outil pourrait avaler des centaines de documents par heure. Il a un bénéfice que je constate à chaque prestation, celui de pouvoir remonter à la source de ce que j'affirme.

Ce que ça change quand on dirige

La question n'est pas de savoir quel modèle vous utilisez. La question est de savoir qui valide ce qui entre dans votre base, et comment vous le prouvez six mois plus tard. Trois questions à poser avant de laisser une intelligence artificielle écrire dans vos documents.

  1. Qui décide de ce qui est conservé, et sur quels critères écrits avant lecture.
  2. Comment une source que vous avez déjà refusée est empêchée de revenir par une autre porte.
  3. Comment vous retrouvez la source d'une phrase que vous avez écrite il y a six mois, sans relire tout votre fond documentaire.

Si vous n'avez pas de réponse à la troisième, l'outil n'est pas le problème. Le dispositif l'est.

Le premier échange dure quinze minutes. Je vous dis ce que je peux faire pour vous, et ce que je ne peux pas.

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