Départ et management des erreurs

Départ

La direction technique digital et de la DSI de Mondadori à trouvé un moyen sympathique de me remercier à la veille de mon départ de l’entreprise (oui je change de crèmerie). Ce remerciement à pris  la forme d’un MOTD placé sur tout les serveurs. Merci, c’est touchant

Sécateur

Pourquoi un sécateur ?

Justement c’est là que c’est touchant.

J’ai pris l’habitude de faire remettre un sécateur rouge à la personne ayant fait la dernière boulette au standup meeting scrum du matin. Façon totem de « Koh Lanta », tu a l’immunité mais explique nous ton erreur que nous en profitions tous. Charge au détenteur de le remettre au prochain maladroit, toujours durant un standup meeting.

  • Cela permet de casser le cycle à la con : erreur -> engueulade -> dissimulation d’erreur -> stress
  • Quand tu fais une erreur tu a tout intérêt à toi même réclamer le sécateur et ainsi rentrer dans une démarche positive ou de fautif de passe au statut de celui qui à une expérience à apporter aux autres. C’est quand même plus valorisant pour soi et plus bénéfique pour le produit.
  • Autre avantage, tu rentres de vacances, tu vois que X possède le sécateur c’est donc lui qu’il faut interviewer pour avoir un retour d’expérience de ce qui est vraiment notable.
  • La critique fait pas ces paires sur son erreur est parfois plus facile à entendre que celle faite par sa hiérarchie.
  • Si l’erreur ce répète chacun est à même de le voir et de le signaler, même en cas d’absence de la hiérarchie. La vision globale est possible par tous.
  • Moins de jeux politicien dans les réunions car il n’est plus possible d’agiter les casseroles de quelqu’un et de le culpabiliser.

Je n’ai pas eu cette idée ex nihilo mais en lisant les deux tomes de « Les décisions absurdes: Sociologie des erreurs radicales et persistantes » de Christian Morel.  L’auteur y explique que l’impunité des erreurs est utilisé dans le monde de l’aviation et la sûreté nucléaire afin d’encourager leurs analyses et éviter les dissimulations, c’est comme cela que les procédures et la réglementation avance.

Attention à ne pas confondre erreur et faute. Cette dernière appel une réponse ferme de la hiérarchie.

Oui mais pourquoi le sécateur et pas un entonnoir ou une noix de coco ?

Un jour Kathryl m’a offert un sécateur car j’avais l’habitude de passer les développeurs à la question pour comprendre d’où venait l’erreur. Mon coté un peu trop insistant lui à fait penser que pour l’étape suivante j’aurais besoin d’un sécateur pour leur couper une phalange si besoin.

Moi et mon sécateur

Vous avez compris que j’ai moi même admis ma propre erreur et que la « coercition » pour le management des erreurs n’est pas la solution.

Preuve que les développeurs de mondadori ne m’en veule pas trop ils m’ont offert ceci

Hachette

3 réflexions sur “ Départ et management des erreurs ”

  1. Excellente philosophie, ça fait plaisir de lire ce genre de choses. Venant du monde de l’aviation, cette attitude que l’on voit souvent qui consiste à montrer du doigt les gens qui font des erreurs afin d’assouvir une pulsion sans aucun doute primaire est un non-sens le plus total.

    La seule constante c’est que les gens font des erreurs et continueront à faire des erreurs. La variable c’est à quelle point est-ce qu’elle seront cachées sous le tapis, rafistolées approximativement ou balancées sur quelqu’un d’autre. Le fameux « blame game » bien trop familier.

    En aéronautique ou dans le nucléaire, les erreurs se payent en vie humaine ce qui permet de remettre en cause ces idéologies primaires. En informatique, pas tellement surtout que c’est un domaine ou la rigueur technique, bien qu’évidemment essentielle, est très souvent dévalorisée.

    On ne compte plus le nombre de fois où on a entendu des phrases telles que « Je m’en fous de la technique, faites que ça marche ». Heureusement que les avions et les centrales nucléaires ne sont pas conçues de la sorte !

  2. « blame game » Voila l’expression qui résume tout ce qu’il faut éviter. Merci cela va m’éviter d’avoir à faire des phrases pour me faire comprendre 🙂

  3. J’étais persuadé que tu bossais chez Hadopi et que tu coupais la connexion des vilains internautes.

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